JeanPierre Siméon, La Nuit respire (extrait de la préface), Cheyne éditeur, 1987 Jean-Pierre Siméon (né en 1950) s’adonne à l’écriture sous toutes ses formes : poésie, théâtre, romans pour la jeunesse. Il est aujourd’hui directeur artistique du « Printemps des poètes », association qui a
Citationsde Jean-Pierre Siméon 2021, Jean-Pierre Siméon Aphorismes 2021, Jean-Pierre Siméon citations , Jean-Pierre Siméon citations d'amour. Citations de Jean-Pierre Siméon. Jean-Pierre Siméon. La différence. Pour chacun une bouche deux yeux deux mains et deux jambes Rien ne ressemble plus à un homme qu’un autre homme Alors entre la bouche qui
Lamission n’est pas simple, d’autant que Jean-Pierre Siméon fera l’impasse sur ce qui aurait été le plus facile à consigner, à savoir le rapport au rêve et le lien personnel avec le sommeil ou l’insomnie. Ici la nuit n’est pas traitée dans la profondeur de soi, mais au contraire, comme le titre l’indique, l’être est tout
CPCE1 : La différence -Jean Pierre Siméon nous offre une courte interview qui nous explique la force de "Ce que peut la poésie". Vous trouverez aussi un lien vers un dossier complet proposé par CANOPE à partir du poème de JP Siméon et du court métrage "Harmony" de David Rousseau "Parce qu’un peu de douceur entre les religions ne peut pas nuire. Nos
Petitéloge de la poésie Jean-Pierre Siméon. Folio. 2,00. À l'intérieur de la nuit Jean-Pierre Siméon. Cheyne éditeur. 17,00
RobertoJUARROZ Douzième poésie verticale Orphée La Différence S’asseoir sur les pierres chaudes entre lesquelles pousse la beauté nomade des îles Anne-Marielle WILWERTH, D’îles en ailes, Couleur livres, 2012 6 SALAH de BAGDAD à Salah Al Hamdani À Bagdad il y a un enfant un seul enfant le seul que j’entende le seul que je voie le seul qui compte à cet instant Il avait
. Je cherche un mot vaste et chaud Comme une chambre Sonore comme une harpe Dansant comme une robe Clair comme un avril Un mot que rien n’efface Comme une empreinte dans l’écorce Un mot que le mensonge ne séduit pas Un mot pour tout dire La mort, la vie, La peur, le silence et la plainte L’invisible et le doux Et les miracles de l’été Depuis si longtemps je cherche Mais j’ai confiance en vous Il va naître de vos lèvres. Jean-Pierre Siméon Poésie
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 1905 Jean Pierre Siméon est né à Paris le 6 Mars 1950. Il est l’auteur de cinq romans, de livres pour la jeunesse, de huit pièces de théâtre et de recueils de poésie. Il est l'auteur du livre La nuit respire qui est un recueil poétique. L'image qui illustre la première de couverture est sombre, inquiétante, la couleur bleue est dominante mais il y a aussi u n peu peu de beige. L'image nous aide à comprendre le titre La Nuit respire car le bleu représente la nuit et le beige les nuages, l’air, la respiration. Martine Mellinette est l'illustratrice, elle a utilisé la technique du collage. Dans des poèmes de ce livre nous avons ressenti des émotions et perçu des sensations La couleur Les couleurs de l'invisible » La nuit La nuit respire » Le silence Apprenti du silence » Voici quelques exemples de poèmes de ce recueil Les Couleurs de l’invisible Je vous dirai la couleurdes choses invisiblesla couleur qu'on entendla couleur qu'on respireLa guirlande bleue du violonet la pourpre des guitaresle vert profond du ventdans le soiret l'or fragiled'une caresseJe vous dirai la voix perduedans l'indigo des solitudeset le calme orangéprès des yeux doux qu'on aimeJe vous dirai l'arc-en-cielqui naît en vousde la patience et de l'oublide la défaite du silenceet du geste réconciliécar comme vous j'aime et je visdans l'arc-en-ciel de mes songes. La nuit respire La nuit respire Qui va qui vient Qui rôde et nous regarde Dans les failles de la nuit ? Le vent traque un loup d'ombre Sur les murs Des oiseaux frôleurs Ferment leurs ailes froides Sur la lune La ville s'égare Dans ses futaies de pierre La nuit respire Et nous dormons tranquilles Les yeux dans l'aube Publié par Lucie, Doriane, Mathis et Dylan, 5D - dans S
1. ComposĂ©e en Didot corps 12, cette Ă©dition de [ici le titre] a Ă©tĂ© tirĂ©e Ă deux mille exemplaires pour l’automne [ici le millĂ©sime] sur les presses de Cheyne Ă©diteur, au Chambon-sur-Lignon, Haute-Loire.» L’inscription figure sur la dernière page des livres de la prestigieuse collection verte deux nouveautĂ©s publiĂ©es par an. Les ouvrages sont consultables et caressables dans la librairie l’Arbre vagabond, QG du festival Lectures sous l’arbre organisĂ© par Cheyne. Papier vergĂ©, jaquettes Ă©lĂ©gantes et finement grenues, et le poinçon du plomb sur les pages cousues. Ce mĂŞme plomb qui, pieusement mĂŞlĂ© Ă de l’antimoine, servit Ă Gutenberg Ă imprimer la première Ă©dition latine de la Bible 1453. Un bel Ă©crin, les livres de Cheyne, mais pour quel trĂ©sor? Pour quelle parole sacrĂ©e?La suite après la publicitĂ© Les Ă©crivains sur scène un truc de beau gosse ? 2. Dans son Panorama de la poĂ©sie française aujourd’hui», Ă©voquĂ© dans une prĂ©cĂ©dente tribune, Jean-Michel Espitallier s’en prend Ă ceux pour qui la poĂ©sie serait d'abord affaire de profondeurs, parole oraculaire … forant dans l'Ă©paisseur encrĂ©e de l’ineffable.» 3. D’oĂą parle Jean-Michel Espitallier? D’une esthĂ©tique joueuse et expĂ©rimentale, ennemie du lyrisme forcĂ©ment boursouflĂ©, adepte de la parodie et du dĂ©tournement – certaine avec ValĂ©ry que le plus profond, c’est la peau». Et d’une nĂ©buleuse de pouvoir Ă©ditorial qui rassemble les Ă©diteurs Al Dante et et le cipM Centre international de poĂ©sie de Marseille. A travers notamment la publication de l’anthologie Pièces dĂ©tachĂ©es» du mĂŞme Espitallier, en 2011 chez Pocket, et de celle d’Yves di Manno et Isabelle Garron dite anthologie Flammarion» en 2017 choix beaucoup plus vastes, mais affinitĂ©s Ă©lectives avec la première, cette nĂ©buleuse a encore renforcĂ© sa visibilitĂ©, bien supĂ©rieure Ă son poids rĂ©el. Dix pour cent de la poĂ©sie en France», tranche Jean-Pierre SimĂ©on, lyrique pas bĂ©gueule, fondateur du Printemps des poètes et membre du comitĂ© Ă©ditorial de Cheyne. "La poĂ©sie sauvera le monde" et puis quoi encore?La suite après la publicitĂ© 4. Espitallier la poĂ©sie ennemie ne peut se concevoir qu'en Ă©troite association avec de beaux livres artisanaux. … Du coup, [elle] a fini par ĂŞtre parfois associĂ©e Ă un artisanat sympathique, comme la boulangerie d'art et les tourneurs sur bois. Belle ouvrage et artisan-poète, vaguement libertaire avec collĂ© aux basques un peu de cette terre "qui ne ment pas".» Fichtre. 5. Cheyne n’est pas un Ă©diteur de la ruralitĂ©, s’agace Jean-François Manier, son fondateur. Ce qui nous caractĂ©rise, c’est notre indĂ©pendance. Nous lisons, nous fabriquons, nous diffusons, nous distribuons. Nous avons une complète indĂ©pendance Ă©conomique, Ă la diffĂ©rence de L’Olivier Le Seuil et de [capital dĂ©tenu Ă 88% par Gallimard, NDLR].» 6. Oui, mais tout de mĂŞme. Florilège de titres du catalogue du Cheyne Venant le jour», MalgrĂ© la neige», l’Epine et sa mĂ©sange», Une femme de ferme», le Bois de hĂŞtres», MĂ©tairie des broussailles», le Livre des poules». Florilège Al Dante la PoĂ©sie motlĂ©culaire», Gang blues ecchymoses», Meurtre artistique munitions action explosion», Frères numains discours aux classes intermĂ©diaires», Lecture de 5 faits d’actualitĂ© par un septuagĂ©naire bien sonné». Ce n’est pas tout Ă fait le mĂŞme son de cloche ou de balle dum-dum. 7. Je ne sais pas trop ce que je fais ici, s’amuse la romancière Marie-HĂ©lène Lafon, invitĂ©e du festival. Mais oui, sans doute, il existe une littĂ©rature des pays et des paysages dans laquelle je m’inscris, comme Pierre Michon, Pierre Bergounioux ou Mario Rigoni.»La suite après la publicitĂ© Haute PoĂ©sie Bisounours et autres curiositĂ©s 8. De Cheyne on connaĂ®t l’histoire, ressassĂ©e d’article en article la dĂ©couverte en 1977, par Jean-François Manier et sa compagne d’alors, d’une ancienne Ă©cole isolĂ©e sortant de la brume cf. JosĂ© Arcadio BuendĂa fondant Macondo, au sortir d’un rĂŞve, au dĂ©but de Cent ans de solitude», l’apprentissage de la typographie au plomb, le lancement en 1980, sans un sou, de la maison d’édition, le pari en 1992 d’un festival sur la base d’un concept porteur mettons un poète sous un arbre… L’histoire tend Ă devenir story-telling et dĂ©tourner de l’essentiel les livres publiĂ©s. 9. Le haut pays» de Jacques Vandenschrink est celui des vents intransigeants» et du merle goulu», des martinets cisaillant le crĂ©puscule» et des mĂ©sanges saoulĂ©es de se dĂ©crocher en plein vol dans chaque merisier». Chez Julie Delaloye, on vit Ă la lisière des brumes», on entend le chant portĂ© par la vigne», on sent la fraĂ®cheur fidèle de l’herbe», on voit la paupière rompue du chamois». Chez Jean-Yves Masson, souvenir des vols d’abeilles», odeur des blĂ©s parfaits», cerf au regard vĂ©hĂ©ment». Ce n’est qu’un Ă©chantillon, mais s’il n’y a pas lĂ une lignĂ©e d'hĂ©ritiers de Char et de Jaccottet paysage mĂ©diterranĂ©en – plus ou moins pentu – et mĂ©taphores en rafale…La suite après la publicitĂ© Philippe Jaccottet, le très haut 10. Crypto-pĂ©tainiste, la poĂ©sie des champs, comme l’insinue taquinement Jean-Michel Espitallier? A la salle des Arts de Saint-Agrève, pas très loin du Chambon-sur-Lignon, village collectivement Ă©levĂ© au rang de Juste par le mĂ©morial de Yad-Vashem, Denis Lavant a lu rauque, athlĂ©tique deux très courts textes de rĂ©sistance publiĂ©s par Cheyne. Matin brun » de Franck Pavloff 1998 est une fable grinçante et drĂ´le sur l'ascension de l'extrĂŞme-droite en France deux millions d'exemplaires vendus, grâce Ă une sorte d'effet Hessel – Indignez-vous» – avant la lettre. Traverser l’autoroute», de Maxime Fleury 2017, c’est un enfant devant une glissière d’autoroute, un flot de voitures, et de l’autre cĂ´tĂ©, peut-ĂŞtre, son père, avec qui il essaye de communiquer en langue des signes. C’est le gamin qui raconte, il parle un peu comme le Momo de Romain Gary dans la Vie devant soi» – le genre tĂ´t grandi. Au milieu des bidons, des palettes et des parpaings, dans son campement sans eau potable, il se sent comme ces gouttes de pluie sans destin C’est comme nous, on vient de loin et on s’écrase au bord de l’autoroute.» Sur scène, Edwy Plenel l’Edwy Plenel Mediapart est partenaire du festival ponctue, prolonge. Parle des rĂ©fugiĂ©s Quand quelqu’un coule, on le sauve.», cite PĂ©guy Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme mĂŞme perverse. C'est d'avoir une âme habituĂ©e.». Se moque de lui-mĂŞme Encore un prĂŞche du père Plenel!»La suite après la publicitĂ© "Si PĂ©guy me proposait un article pour Mediapart…" entretien avec Edwy Plenel 11. La soirĂ©e Neruda plombe un peu. Passons sur les juvĂ©niles poèmes d’amour, dont la traduction rĂ©clamerait une langue semblable cristalline et facile Ă celle de cet autre poète Ă©lu des draps», Paul Éluard. Reste le Neruda politique, dessillĂ© par la guerre d’Espagne, guĂ©ri de ses dĂ©rives gidiennes et rilkiennes», torrentiel et gĂ©nial sans doute, mais stalinien sinon de cĹ“ur, du moins de style. Tu m’as fait l’adversaire du mĂ©chant, tu m’as fait mur contre le frĂ©nĂ©tique …/Tu m’as rendu indestructible car grâce Ă toi je ne finis plus avec moi.» A mon parti» 12. La figure du poète-phare fait rire aujourd’hui petits et grands. Mais sans doute faut-il prendre en compte les contextes historiques et locaux. J’ai grandi dans une culture oĂą les politiques sont des poètes, oĂą l’art oratoire est un art poĂ©tique, se souvient Edwy Plenel, qui a vĂ©cu Ă la Martinique jusqu’à l’âge de 10 ans. La poĂ©sie de CĂ©saire, qui semble hermĂ©tique, complexe, est très concrète. Le matin il recevait Ă la mairie, Ă midi il partait avec son chauffeur et faisait le tour de l’île. Sa poĂ©sie est en partie nourrie de ces promenades.» 13. Nos Ă©lites hexagonales issues de l’X ou de ENA, poursuit Plenel, regardent ça avec dĂ©dain, comme si ce n’était qu’un supplĂ©ment d’âme, une distraction. Leur monde est dĂ©pourvu d’imaginaire.» Il est temps de changer de sĂ©rieux», dit d’une autre façon Jean-Pierre-SimĂ©on dans son essai la PoĂ©sie changera le monde», qui invite Ă dresser dans l’espace public la barricade du poème». Hmmmm. Dans son blog, l’écrivain Pierre Jourde se moque de cette doxa indĂ©finiment rĂ©pĂ©tĂ©e depuis deux siècles, avec ses synonymes interchangeables, rĂ©bellion, insurrection, insoumission, qui trouve son apogĂ©e grotesque dans "l’Éloge des voleurs de feu" de Dominique de Villepin, le fameux marginal».La suite après la publicitĂ© L'insurrection institutionnelle, par Pierre Jourde 14. Dans son essai cependant, SimĂ©on parle d’autre chose. D’une langue appauvrie par ses usages mĂ©diatiques et technocratiques, et d’un imaginaire devenu territoire occupĂ© et soumis». J’en ai Ă©tĂ© tĂ©moin tant de fois la plupart de ceux qui … entendent un poème Ă eux offerts Ă l’improviste, remercient. J’ai eu le sentiment parfois qu’ils y retrouvaient une dignitĂ© et comme une fiertĂ© pour eux-mĂŞmes.» Denis Lavant J’ai fait cinq lectures en Russie, entre Ekaterinburg et Rostov, devant un public qui considĂ©rait que la poĂ©sie avait une grande importance. En Colombie aussi, la poĂ©sie est dans la vie.» 15. Revenons au catalogue du Cheyne, qu’il serait injuste de rĂ©duire Ă quelques Ă©pigones d’une poĂ©sie altière qui fait sa mystĂ©rieuse. Je m’accroche Ă la nuit, qu’est-ce que ça veut dire?» Ito Naga est perplexe. La mĂ©taphore, ça n’est pas son truc. Lui est astrophysicien, il a d’autres motifs d’étonnement. On ne pense pas [que la lune] peut trembler au moment oĂą on la regarde. Il y a des tremblements de lune comme il y a des tremblements de terre.» Mais l’astrophysique, dit-il, ça n’est pas ça qui permet d’être au monde. Il a placĂ© en en-tĂŞte de son livre NGC 224» une citation de Rilke ĂŠtre ici est une splendeur.» Par exemple Ă cet instant prĂ©cis "Ah ! Tu es comme ça, toi ?", s’est Ă©tonnĂ©e cette enfant quand je suis ressorti de l’eau après un plongeon dans la piscine.» Ses petits vertiges», Ito Naga haut gentleman Ă l’œil bleu perchĂ© les doit aussi Ă sa longue frĂ©quentation du Japon. Pour faire des raviolis, on dit en japonais qu’il faut pĂ©trir la pâte jusqu’à ce qu’elle ait la consistance des lobes d’oreille mimi tabu. La poĂ©sie serait-elle simplement le goĂ»t des choses?» Glissements, rebondissement, dĂ©rivations avec un art consommĂ© du montage, l’auteur coud ses fragments – bouts philosophiques, boutures de sensations, pĂ©pites philologiques, demi-blagues… Ses quatre livres sont Ă©galement suite après la publicitĂ© Le long cri d'AimĂ© CĂ©saire n'a pas fini de rĂ©sonner 16. La mĂ©taphore, Jean-Claude Dubois ne l’aime guère non plus. Il revient de loin, du lyrisme Ă©bouriffĂ© du surrĂ©alisme. Et puis il a rencontrĂ© Guillevic des textes très courts, des distiques souvent, de 8 Ă 10 syllabes, sans images, sans clinquant, sans scintillement.» Rencontre avec une forme, mais aussi avec un alter ego solitaire, qui, enfant, communiquait avec un bol, une bouteille, une table, n’avait pas mĂŞme un animal, a perçu la vie dans les pierres.» Son livre Le Canal» raconte une transaction secrète» la plus belle dĂ©finition de la poĂ©sie, elle est de Jaccottet» entre un enfant et un canal. J’avais dix ou douze ans. Mon compagnon de jeu Ă©tait un canal Ă grand gabarit. … J’écoutais le canal rendre la justice./ Quand il avait fini,/je rentrais chez moi./Il retournait dans son verre d’eau.» Dans le canal il y a des aĂŻeux, une femme d’octobre mais on ne sait plus de quel jour … qui pose son village sur la table de nuit et s’endort.» Et puis ce canal fait de vinaigre/et d’ennuis», couleur de noyade» Cioran en exergue, il faut le quitter, s’en dĂ©pĂŞtrer comme Ă regret, peut-ĂŞtre pour grandir. Le Canal» est tissĂ© d’un charme douceâtre et brumeux, d’épiphanies discrètes, de dĂ©solations retenues. On songe parfois Ă un Christian Bobin sans Dieu. C’est dire si la voix de Jean-Claude Dubois est suite après la publicitĂ© Les bons sentiments de Christian Bobin font-ils de la bonne littĂ©rature? 17. Robert et JosĂ©phine », de Christiane Veschambre, est un autre livre fondĂ© sur le montage, qui Ă©voque par sĂ©quences l’histoire des parents de l’auteure JosĂ©phine arrive Ă la Jeune France», trouve une famille», va chercher son mari Ă la sortie de l’usine», repasse», n’a plus d’argent»… CinĂ©ma trouĂ© de l’expĂ©rience intĂ©rieure», de l’émotion mĂ©ditĂ©e» Bataille. Mais la langue est Ă l’opposĂ© de l’écriture behavioriste du commun des scĂ©narios. Il s’agit, pour l’écrivain, de faire taire en soi la belle langue» … pour qu’après le silence puisse surgir la langue des soubassements» selon GĂ©rard Noiret sur l’excellent site En attendant Nadeau. Une basse langue», des mots pauvres» titres de deux autres recueils de Veschambre Quand JosĂ©phine/est apparue//sur terre/personne//ne s’en est aperçu.» Chercher une basse langue pour camper les gens de peu» le sociologue Pierre Sansot, c’est en somme le contraire du projet d’un Pierre Michon. Christiane Veschambre se place du cĂ´tĂ© des microgrammes» de Robert Walser, d’Erri de Luca, d’Emily Dickinson. Les mains de JosĂ©phine/au-dessus du drap repliĂ©/qui protège la table/et borde la page/que l’enfant tourne». Un critique ne devrait pas dire ça tout le livre est très suite après la publicitĂ© Que s'est-il passĂ© dans la poĂ©sie française depuis un demi-siècle ? 18. Pas de tendance fracassante, de trending poetic; pas de post-liturgistes, pas de supra-spleenĂ©tiques; la poĂ©sie est devenue bien ennuyeuse. Ah si, tout de mĂŞme le recueil» est Ă la baisse, le livre» Ă la hausse. Ce n’est sans doute pas juste une coquetterie de dĂ©nomination. Jean-Claude Dubois par exemple, au cours d’une causerie sur Guillevic, insistait sur la nĂ©cessitĂ© de travailler un thème jusqu’au cĹ“ur». Ito Naga et Christiane Veschambre ne diraient pas autre chose. Ce qui se joue? L’effacement relatif du livre de poĂ©sie pensĂ© comme un florilège de flèches, d’épiphanies – loin des moments nuls» de la vie que Breton jugeait indigne de cristalliser». JB Corteggianiauteur et rĂ©alisateur
poésie la différence de jean pierre siméon